Did You Know?

Nova Scotia & Titanic Stories


L'enfant inconnu

Rien n'illustre l'ampleur du sinistre qu'a été le naufrage du Titanic que l'histoire de l'enfant inconnu. Lorsque l'équipage du navire de sauvetage MacKay-Bennett a trouvé le corps de ce tout jeune enfant flottant au milieu des restes de l'épave du Titanic, les seuls signes permettant de l'identifier étaient ses vêtements et ses cheveux pâles. Quand personne n'a réclamé l'enfant, l'équipage du MacKay-Bennett s'est occupé des arrangements funéraires et l'a mené jusqu'à sa dernière demeure, au cimetière Fairview de Halifax, après avoir placé dans le cercueil une petite plaque en cuivre où étaient inscrits les mots « Our Babe » (notre bébé).

Ce n'est que 95 ans après sa mort que, grâce à des tests par l'ADN, l'enfant a été identifié comme étant Sidney Goodwin. Tous les membres de la famille – ses parents et ses cinq frères et sœurs ont aussi perdu la vie lors du naufrage et n'ont jamais été retrouvés.

Les tristes circonstances du décès de Sidney Goodwin continuent d'émouvoir les visiteurs, et Sidney en est venu à représenter les 53 enfants qui ont péri dans la catastrophe. Fleurs, oursons en peluche et monnaie ne sont que quelques-uns des petits objets souvent laissés sur la tombe de Sidney; ces objets sont recueillis par les préposés du cimetière et remis à la Fondation Rêve d'enfants à la mémoire de Sidney.


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Photo: Grave Stone

Lignes maritimes White Star et Cunard

Le naufrage du Titanic n'est pas le seul lien entre la ligne maritime White Star et la Nouvelle-Écosse. Une grande partie de la croissance de la société et de ses stratégies résulte directement de la concurrence directe avec la ligne maritime Cunard fondée par Sir Samuel Cunard, résident de Halifax. White Star a connu de grandes difficultés au cours de ses premières années – elle a même dû déclarer faillite en 1867 – jusqu'à ce qu'un homme d'affaires anglais du nom de Thomas Henry Ismay n'en prenne la tête et n'entreprenne de construire une nouvelle catégorie de navires à vapeur rivalisant avec ceux de ses concurrents. Malgré cela, les navires de la société Cunard étaient toujours plus rapides que ceux de la White Star pour ce qui était de la traversée de l'Atlantique. M. Ismay décida alors d'axer ses efforts sur le luxe et le confort; c'est ainsi que fut prise la décision de construire de grands navires comme le Baltic, l'Adriatic et le Titanic – plus grand navire du monde au moment où il fit naufrage.

Pendant la Grande Crise, les deux lignes maritimes, la White Star et la Cunard, ont dû faire face à d'énormes difficultés financières à mesure que baissait le nombre de passagers. En 1934, sous la direction et avec le soutien financier du gouvernement britannique, les deux entreprises ont fusionné pour devenir Cunard White Star Limited. Après la Seconde Guerre mondiale, les propriétaires de la société Cunard originale ont acheté le solde des actifs de la White Star et dès lors, l'entreprise devint simplement la Cunard. Cunard est toujours active et offre aujourd'hui des croisières sur de luxueux navires de ligne comme le Queen Mary II et le Queen Elizabeth. À Halifax, ville natale de Sir Samuel Canard, une statue érigée à sa mémoire à côté du Cunard Centre, dans le secteur riverain, rappelle la contribution de cet entrepreneur à l'industrie du transport et semble saluer les nombreux navires de croisière qui font escale tout près.

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Photo: Statue of Cunard

Hilda Slayter, fille du Dr William Slayter et de Clarina, son épouse, est née en 1882 et a grandi avec ses 10 frères et sœurs dans une maison de la rue Argyle, à Halifax. En 1902, Hilda se rendit en Europe pour poursuivre sa carrière en musique et rendre visite à son frère, capitaine du yacht de la reine Victoria. Pendant son séjour en Angleterre, Hilda rencontra Reginald Lacon, fils d'un député et baron britannique. Harry eut un coup de foudre pour Hilda et lui demanda sa main, espérant qu'elle accepterait de l'épouser et de le suivre sur une île au large de la côte de la Colombie-Britannique. Hilda accepta et entreprit les préparatifs de son retour au Canada.

Hilda devait effectuer son voyage de retour sur le Titanic, et après avoir embarqué avec son trousseau dans ses bagages, elle s'installa pour ce qu'elle croyait être une traversée sans histoire.

Au lieu de cela, Hilda allait devenir l'une des dernières personnes à prendre place dans un canot de sauvetage, parvenant au péril de sa vie à embarquer dans le canot n° 13. Lorsqu'elle décrivait les derniers moments du Titanic, elle disait comment l'un des jeunes cuistots à bord avait ramé de toutes ses forces pour éloigner le canot du navire. Après trois quarts d'heure, Hilda et ses compagnons de fortune ont vu le Titanic, tout enguirlandé de lumières, s'enfoncer avec un long gémissement.  Elle se rappelait avoir entendu deux explosions, et même si tout le monde s'attendait à de hautes vagues, la mer est restée calme.

Hilda a survécu au naufrage du Titanic et a épousé Reginald Lacon en Colombie-Britannique, où ils ont vécu ensemble pendant plus de cinquante ans. Revenue à Halifax en 1964, elle est décédée un an plus tard et est enterrée dans le terrain familial au cimetière Camp Hill.

Une survivante originaire de Halifax

Photo: Mayflower Club, Halifax, courtesy Nova Scotia Archives

Un résident de Halifax

George Henry Wright est né sur une ferme dans le quartier Tufts Cove de Dartmouth. Toutefois, au lieu de suivre les traces de son père, il devint éditeur de répertoires commerciaux et de guides d'affaires et amassa une fortune grâce à la vente des « Wright’s World Business Directories ».

Grand voyageur, George Henry Wright avait visité l'Australie, l'Inde, la Chine, le Japon, ainsi que des pays d'Amérique du Sud et d'Afrique. De retour à Halifax où il se fit le promoteur de nombreuses entreprises et propriétés; on peut d'ailleurs toujours voir bon nombre de ses immeubles, dont l'édifice St. Paul et le Wright’s Marble Building sur la rue Barrington, ainsi que sa résidence située au 989 de l'avenue Young.

George Henry Wright était en France lorsqu'il entendit parler de la 

traversée inaugurale du Titanic, et il réserva immédiatement une place sur le navire. On sait peu de choses sur son sort. Ses amis ont présumé qu'il a peut-être dormi malgré les alertes parce qu'il avait le sommeil très profond. Si son corps a été retrouvé, il n'a jamais été identifié.

Après la mort de George Henry Wright, la plus grande partie de sa succession de quelque 250 000 $ a été distribuée à des membres de sa famille et à des organisations caritatives, notamment au Conseil national des femmes du Canada. Il a en outre légué une somme de 20 000 $ pour la construction d'un lieu de divertissement où les gens pourraient s'amuser « proprement ». Bien des années plus tard, le YMCA a pu avoir accès à ces fonds pour construire leur nouvel immeuble à Halifax.

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Photo: George Wright

La dernière valse

D'après Hilda Slayter, résidente de Halifax et passagère de l'un des derniers canots de sauvetage à quitter le Titanic, l'orchestre a bel et bien continué de jouer tandis que le navire s'enfonçait dans les eaux de l'Atlantique Nord. Deux groupes de musiciens étaient à bord du navire : un quintet à cordes qui jouait pour les passagers de première classe et un trio piano et cordes qui jouait près du restaurant où les repas à la carte étaient servis. Après la collision du Titanic avec l'iceberg, les 

musiciens se sont regroupés près des canots de sauvetage du pont A et ont joué des airs de Ragtime et d'autres airs entraînants pour raviver le moral des passagers.6s musiciens – John Clark et Jock Hume – sont enterrés à Halifax : Clark a été enterré au cimetière Mount Olivet et Hume a été inhumé au cimetière Fairview. Pendant la cérémonie, un orchestre militaire a joué « Nearer My God to Thee », sans doute en hommage à leur courage.

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Photo: Band member's grave site at Mt. Olivet Cemetery

Les enfants Yarred

Il y avait, parmi les passagers du Titanic, des immigrants à la recherche d'une vie nouvelle en Amérique, dont une famille libanaise qui se dirigeait vers le Nouveau Monde. Nicola Yarred prévoyait prendre place sur le navire avec ses deux enfants pour joindre son épouse et le reste de sa famille aux États-Unis. Nicola ne put toutefois pas embarquer parce qu'il souffrait d'une infection à un œil. Il donna donc instruction à son fils Elias et à sa fille Jamila, âgés respectivement de 12 et de 14 ans, d'embarquer sans lui en les assurant qu'il les suivrait sous peu sur un autre navire. Pendant la nuit du 14 avril, les enfants ont été réveillés brutalement par une violente secousse. Informés de la situation 

périlleuse du navire, ils réussirent à se frayer un chemin de l'entrepont jusqu'au pont de deuxième classe.  Après avoir découvert que les portes vers la première classe étaient verrouillées et gardées, ils ont grimpé une échelle en fer et atteint le pont près des canots de sauvetage. Elias a plus tard raconté que c'est Jacob Astor IV, de la riche famille Astor, qui les avait aidés, lui et sa sœur, à embarquer dans un canot qui attendait. À leur arrivée à New York, les enfants ont été accueillis par leur oncle, Isaac Garrett, qui les ramena chez lui à Liverpool, Nouvelle-Écosse. C'est ainsi que les enfants ont vécu à Liverpool avec leur oncle et leur tante jusqu'à ce qu'ils puissent retrouver leurs parents en Floride.


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Image from Flickr user: gundunasu u zeneize

Les orphelins du Titanic

L'histoire des orphelins du Titanic fait partie des récits qui ont retenu l'attention populaire au cours des jours qui ont suivi le naufrage du navire. Deux jeunes garçons (deux et quatre ans) ont survécu au naufrage, mais comme ils ne portaient aucune identification, leur identité était mystérieuse. Ce n'est que lorsque leur mère reconnut leurs photos dans un journal local et qu'elle se rendit à New York pour les reprendre que les événements entourant leur voyage sur le Titanic furent connus.

Michel Navratil, père des garçons, était un tailleur slovaque vivant en France. Lorsqu'il se sépara de la mère des garçons, cette dernière en assuma la garde, mais les enfants pouvaient passer du temps avec leur père à certaines occasions. Le week-end de Pâques 1912 était l'une de ces occasions. Toutefois, quand la mère revint prendre ses fils après leur visite, la maison était vide, ni le père ni les garçons, Michel et Edmond, n'étaient là.

Michel Navratil avait pris le nom Louis Hoffman, donné aux garçons les prénoms de Louis et Loto, et réserver un passage en deuxième classe sur le Titanic pour la traversée de Southampton à New York. Tandis que le navire coulait, le passager connu sous le nom de Louis Hoffman remit ses fils à des membres d'équipage en leur demandant de les embarquer dans le canot de sauvetage D plus tard secouru par le Carpathia. C'était la dernière fois où les enfants ont vu leur père.

Le corps de « Louis Hoffman » a été repêché et inhumé au cimetière juif Baron De Hirsch Jewish, à Halifax. Sa véritable identité a été découverte à temps pour que son véritable nom, Michel Navratil, soit inscrit sur la pierre tombale. Bien des années plus tard, en 1996, son fils Michel alors âgé de 88 ans est venu à Halifax se recueillir sur la tombe de son père pour la première fois. Michel Navratil a dit que lorsqu'il a touché la pierre marquant l'endroit où son père était enterré, il a entendu la berceuse que son père lui chantait lorsqu'il était enfant.


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Image from Flickr user: painting in light

Science et découvertes

À la suite de nombreuses tentatives pour retrouver le Titanic au fond de la mer, en 1985 une équipe franco-américaine a cru apercevoir les chaudières du Titanic sur des moniteurs. Depuis, diverses expéditions se sont rendues sur les lieux pour tenter de recouvrer divers articles qui se trouvaient sur le navire. Ces expéditions ont soulevé de grandes controverses puisqu'elles sont contraires à la position de l'International Congress of Maritime Museums voulant que les opérations de sauvetage perturbent un lieu devenu monument et un site archéologique. C'est également la position adoptée par le Musée maritime de l'Atlantique de Halifax.

En 1991, une petite équipe composée de scientifiques canadiens et russes, dont des scientifiques de l'Institut océanographique de Bedford en Nouvelle-Écosse, s'est 

rendue sur le site dans des submersibles russes Mir.  Ils ont remonté des sections des plaques métalliques constituant la coque qui ont ensuite été examinées par le gouvernement fédéral pour y déceler ce que l'on appelle « cassures conchoïdales ».

Il a été déterminé que le métal est devenu cassant lorsqu'il a été exposé à des températures très froides, comme la température des eaux frigides de l'Atlantique Nord. Cette découverte pourrait contribuer à expliquer pourquoi le Titanic a sombré aussi rapidement.

Les diverses plongées par l'équipe ont aussi donné aux scientifiques la possibilité d'observer la nature du fonds marin et de découvrir des formes de vies dans un environnement considéré jusque-là comme inhospitalier.


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Photo: Scientist Steve Blasco


Le rôle de Halifax : les câbliers

Halifax était le port d'attache de nombreux navires utilisés spécialement pour poser et réparer les câbles télégraphiques sous-marins entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Les équipages de ce navire avaient une grande expérience des mers froides et agitées de l'Atlantique Nord. Quelques heures après le naufrage du Titanic, la White Star Line confia à ces câbliers et à leurs équipages aguerris la tâche de repêcher les corps des victimes.

Le MacKay-Bennett était l'un de ces navires. Il prit la mer avec à bord son équipage, un entrepreneur de pompes funèbres, un aumônier, 125 cercueils et 100 tonnes de glace et d'autres fournitures pour participer aux opérations. Les hommes ont trouvé 306 victimes, en ont inhumé 116 en mer et sont rentrés à Halifax avec les autres.

Le Minia, autre câblier de Halifax, quitta le port pour prendre la relève du MacKay-Bennett et son équipage retrouva 17 corps. Le corps de l'une des victimes repêchées par l'équipage du Minia était celui de 

Charles M. Hays, président de la société Grand Trunk Railway.  Même si les hommes du Minia n'ont pas pu trouver un grand nombre de victimes, ils ont pu ramener de nombreux débris en bois. L'un d'eux écrivit à sa sœur qu'ils avaient récupéré des transatlantiques, des portes, des commodes, des panneaux en bois sculptés et divers autres articles. Certains des membres de l'équipage ont fabriqué toutes sortes d'objets avec les débris ainsi récupérés, qui un cadre, qui une planchette de cribbage.

Les journaux de bord de l'équipage et les souvenirs de ce qu'ils ont vécu à la suite du naufrage du Titanic sont un rappel touchant de la fin tragique de ce géant des mers et de l'énormité du désastre. En 2012, le Musée maritime de l'Atlantique, à Halifax, offrira la possibilité de mesurer l'importance du rôle de Halifax dans l'industrie du câblage sous-marin, les liens entre les deux câbliers, la triste histoire du Titanic et le monde des communications dans le cadre d'une exposition spéciale.

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Photo: Ship MacKay Bennett


Qui était J. Dawson?

En 1997, le cinéaste James Cameron a lancé la superproduction Titanic. Le film a réveillé l'intérêt pour le désastre de 1912 et tant les admirateurs que les amateurs d'histoire ont étudié attentivement chacune des scènes pour séparer les faits de la fiction. Par conséquent, lorsqu'une pierre tombale portant l'inscription « J. Dawson » a été découverte dans le cimetière Fairview, à Halifax, ils ont été nombreux à sauter à la conclusion qu'il s'agissait du personnage qui avait inspiré Jack Dawson, personnage joué par Leonardo DiCaprio.

De fait, « J. Dawson » est en réalité James Dawson, 23 ans, originaire de Dublin, Irlande, qui s'était engagé sur le Titanic comme charbonnier. Contrairement au jeune Américain joué par Leonardo DiCaprio, qui allait où il voulait sur le navire, le vrai Dawson trimait dur dans les 

entrailles du Titanic, apportant du charbon aux chauffeurs qui en nourrissaient ensuite les imposantes chaudières du navire pour que ses moteurs à vapeur continuent à tourner à toute vitesse.

Il faisait très chaud et le travail était salissant et dangereux. Pourtant, James Dawson et ses compagnons ont continué à alimenter les moteurs le plus longtemps possible, même alors que le navire sombrait.

Aujourd'hui, le tombeau de James Dawson est l'un des sites les plus visités du cimetière Fairview. Des amateurs du Titanic laissent des fleurs et des poèmes sur la pierre tombale, croyant sans doute à tort qu'il s'agit du « vrai » Jack Dawson. Même la vérité est tout autre, il ne fait aucun doute que James Dawson et ses collègues méritent une grande reconnaissance pour les sacrifices qu'ils ont faits cette nuit tragique de 1912.


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Photo: J Dawson grave site at the Fairview Cemetery