Les Irlandais font partie de la Nouvelle-Écosse depuis que Roger Casey, arrivé dans les années 1660, a marié une Acadienne et fondé la famille Caissy. Il y avait des Irlandais à Louisbourg et à la fondation de Halifax, et ils étaient tellement nombreux à travailler aux pêcheries d'été le long de la côte atlantique que pendant des siècles, ils surnommaient la région tout entière TalimhAnEisc (la terre des poissons). On trouve des Irlandais parmi les premiers habitants de presque toutes les collectivités de la province – ils sont partout!
Beaucoup de gens associent le grand mouvement d'immigration des Irlandais vers l'Amérique du Nord avec la Grande Famine de la fin des années 1840. Toutefois, la majorité de ceux qui sont venus en Nouvelle-Écosse sont arrivés par petits groupes au milieu du XVIIIe siècle ou entre 1815 et 1845.
La première vague est arrivée vers la fin des années 1750, époque où l'Irlande était surtout un pays de fermiers et de travailleurs qui louaient la terre et dont l'économie était tributaire de la Grande-Bretagne et de ses droits tarifaires protectionnistes. Ces obstacles d'ordre économique, plus la perspective d'être propriétaires fonciers en Amérique du Nord, ont incité beaucoup d'Irlandais, en particulier ceux de comtés du nord du pays – Londonderry, Donegal, Tyrone et Antrim – à venir s'établir ici.
Les premiers arrivés Nouvelle-Écosse ont été joints sous peu par d'autres qui avaient d'abord choisi le New Hampshire. Ils étaient collectivement appelés « Scots-Irish » (Écossais-Irlandais), même si cette appellation ne reflète pas tout à fait la réalité.
La plupart des Irlandais du nord venus en Nouvelle-Écosse dans les années 1750 et 1760 étaient les descendants de troisième et de quatrième générations des Écossais des basses-terres transplantés dans la province d'Ulster, au nord de l'Irlande. Il est plus précis de les appeler « Écossais d'Irlande », ou « Écossais d'Ulster », puisque peu d'entre d'eux étaient d'ascendance irlandaise.
Ces immigrants ont fondé Truro et Londonderry en Nouvelle-Écosse, tandis que d'autres se sont établis à Chignecto (à la frontière du Nouveau-Brunswick), à Granville, à New Dublin (près de Bridgewater), à New Donegal (Pictou) et dans le comté de Hants. Archibald, Allison, Parks, Fulton et Creelman sont des noms de famille typiques de ce groupe. Les « Écossais d'Ulster » sont souvent considérés comme faisant partie du groupe plus important de Planters de la Nouvelle-Angleterre qui sont arrivés en Nouvelle-Écosse et s'y sont établis en même temps.
La deuxième vague d'Irlandais est arrivée entre 1815 et 1845. La population de l'Irlande avait plus que doublé au cours des cinquante années précédant 1815, et le pays n'arrivait pas à soutenir un si grand nombre de personnes. L'animosité entre les gens de différentes convictions religieuses, le désordre civil et l'union forcée fort impopulaire avec la Grande-Bretagne en 1801 se combinaient avec les possibilités offertes par l'Amérique pour rendre l'émigration attirante. La Nouvelle-Écosse a ainsi accueilli des milliers d'immigrants originaires de divers comtés du sud de l'Irlande : Wexford, Waterford, Kilkenny, Tipperary, Cork et Kerry. Les principaux ports d'entrée étaient Halifax et Pictou, mais de petits groupes sont arrivés près du détroit de Canso, à Sydney, à Yarmouth et dans d'autres ports. Certains sont devenus pêcheurs, mais beaucoup ont demandé au gouvernement les terres promises pour se lancer dans l'agriculture.
Certains des Irlandais arrivés plus tard étaient des anciens combattants des guerres napoléoniennes, notamment les dizaines de familles qui ont peuplé les collectivités du centre-ouest de la province, notamment New Ross, East et West Dalhousie, ainsi que d'autres villes et villages le long du tracé proposé pour une route qui devait relier Halifax à Annapolis Royal. Aujourd'hui, randonneurs et campeurs peuvent suivre ce chemin qui traverse les terres et qui est presque devenu une route.
Halifax et Dartmouth étaient des lieux attirants pour les Irlandais du sud arrivés après 1815. Au début des années 1860, près de la moitié de la population des deux villes était d'origine irlandaise, les immigrants étant surtout attirés par les emplois stables pour les ouvriers et les travailleurs spécialisés.
À la fin des années 1820, une grande partie du secteur riverain de Halifax a été reconstruit pour le doter de quais, d'entrepôts et de chemins bordés de murs. Le travail à la Citadelle-d'Halifax se poursuivit par intermittence et, de l'autre côté du port, à Dartmouth, on cherchait des maçons et des charpentiers pour construire le canal de Shubenacadie qui devait permettre aux navires de traverser les terres jusqu'au bassin Minas.
Ces travaux exigeaient d'imposantes quantités de granite, et ce sont des ouvriers irlandais qui les extrayaient des collines à l'ouest de Halifax. La construction de chemins de fer en Nouvelle-Écosse a été entreprise au milieu du XIXe siècle, et beaucoup des travailleurs étaient irlandais.
En traversant Herring Cove et Ketch Harbour, à quelques minutes à peine de Halifax, on voit des villages fondés par des familles de pêcheurs irlandais avec des noms comme Dempsey, Hayes, Flemming et Sullivan. Entre Halifax et Windsor, on peut visiter Uniacke House, à l'origine résidence de Richard John Uniacke, natif du comté de Cork, qui fait aujourd'hui partie du réseau des musées de Nouvelle-Écosse.
À l'île du Cap-Breton, pendant un ceilidh, l'oreille attentive peut distinguer l'influence irlandaise sur le riche patrimoine musical de l'île. Le fait qu’on trouve des Donovan à Ingonish et des Murphy à Yarmouth démontre bien la présence irlandaise dans tous les coins de la Nouvelle-Écosse.