Ajouter à la liste de souhaits

Culture Mi'kmaq

L'une des plus fascinantes histoires de colonisation en Nouvelle-Écosse est celle de ses premiers habitants, les Mi’kmaq.

De nombreux historiens ont raconté l'histoire des Mi’kmaq uniquement à partir des récits écrits laissés par les premiers explorateurs européens. Toutefois, pour bien comprendre notre passé et notre terre, il faut aussi connaître les traditions orales transmises de génération en génération par les Mi’kmaq.

Pour refaire ce voyage incroyable, il faut retourner 13 000 ans en arrière, à la fin de la dernière période glacière, alors qu'un épais manteau de glace couvrait presque toute la partie de l'est de l’Amérique du Nord. Des fouilles archéologiques dans le centre de la Nouvelle-Écosse ont mis au jour des vestiges montrant qu'à cette époque, un groupe de chasseurs-cueilleurs a suivi le caribou jusque là et établi un camp au pied des monts Cobequid. Les aînés Mi’kmaq affirment aujourd'hui que ces premiers habitants sont nos ancêtres.

On trouve un peu partout en Nouvelle-Écosse plus de 800 sites d'occupation ancienne par les Mi'kmaq, principalement à Blomidon, Debert, Kejimkujik et autour de la rivière Mersey. Les légendes qui parlent de Glooscap, mythique créateur, donnent une foule d'indices et entrouvrent des fenêtres sur les formations géologiques et les créatures qui peuplaient la région il y a plus de dix mille ans.

Les Mi’kmaq ont occupé pendant des milliers d'années un territoire qu'ils appelaient Mi'kma'ki, constitué des provinces atlantiques – Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve – ainsi que de portions de la péninsule gaspésienne.

La nation Mi'kmaq appartenait à un groupe beaucoup plus important, la Confédération Wabanaki, qui regroupait cinq tribus de l'est de l'Amérique du Nord : les Mi’kmaq, les Malécites, les Passamaquoddys, les Penobscots et les Abénaquis. Toutes ces tribus appartenaient à la grande famille algonquine qui occupait les terres à l'est du Saint-Laurent, les Adirondacks et les Appalaches.

Avant l'arrivée des Européens au XVIe siècle, le territoire Mi’kma’ki était divisé en sept districts nommés en fonction de leurs caractéristiques géographiques, chacun étant dirigé par un chef de district. Ensemble, ils formaient le Grand conseil Mi’kmaq qui gouvernait par consensus l'ensemble du territoire et de ses habitants. La Nation Mi’kmaq était une nation paisible, forte, informée, prospère et gouvernée avec sagesse.

Les Mi’kmaq vivaient près de cours d'eau qui étaient en quelque sorte leurs voies de communication; ils couvraient de longues distances en canot d'écorce de bouleau, leur principal véhicule, pour faire le commerce ainsi que pour la pêche et la chasse de subsistance. La nature leur offrait tout ce dont ils avaient besoin, et ils comptaient sur leur connaissance des saisons, des conditions météorologiques, des animaux et des plantes ainsi que sur leurs habiletés de chasseurs pour leur survie.

Ils utilisaient les ressources modérément et sagement, avec grand respect et se transmettaient leurs connaissances de génération en génération. L'éducation des Mi’kmaq comportait l'enseignement des méthodes de survie traditionnelles ainsi que la connaissance des autres tribus vivant dans l'est de l'Amérique du Nord.

Les premiers colons ont compté sur les connaissances et sur l'ingéniosité des Mi’kmaq pour leur propre survie, mais la croissance rapide des établissements européens en Nouvelle-Écosse a provoqué beaucoup de changements dans les vies des Mi’kmaq. Des gouvernements étrangers se sont vite érigés en pouvoir législatif, puis vinrent la création du Canada et de ses limites provinciales.

À une certaine époque, la population entière de la Nouvelle-Écosse se composait de Mi’kmaq. Ils sont aujourd'hui 25 070 – 2 % de la population. Autrefois libres d'aller et venir partout dans la province, les Mi’kmaq n'occupent aujourd'hui que 26 000 acres, terres appartenant au gouvernement du Canada et qui leur ont été attribuées comme réserves.

Aujourd'hui, la Nouvelle-Écosse compte environ 35 réserves constituées depuis 1958-1959, éparpillées sur son territoire, toutes administrées par treize collectivités de la Première nation Mi’kmaq auxquelles elles ont été attribuées. Chaque collectivité est administrée par un conseil de bande dont le chef et les conseillers sont élus. Le Grand conseil traditionnel existe toujours, mais son autorité a été en très grande partie transférée, par la Loi sur les Indiens, au Grand chef et aux conseillers élus.

Au XXIe siècle, les Mi'kmaq, dont les liens qu'ils entretiennent depuis 13 000 ans avec la terre sont indéniables, continuent à partager leur riche histoire et leur culture avec leurs voisins. Ils sont une composante importante de la mosaïque culturelle de la Nouvelle-Écosse que nous connaissons aujourd'hui.

À l'instar des autres habitants de la province, les Mi’kmaq préservent leurs traditions, leur musique, leur nourriture et leurs légendes. Ils pratiquent la chasse traditionnelle à des fins cérémoniales, pour marquer des occasions spéciales et des fêtes communautaires. Ils continuent de fabriquer de magnifiques objets – paniers en vannerie de frêne, fleurs en bois, broderie avec des épines de porc-épic en se servant des matériaux que leur offre la nature.
 
Le son des tam-tams retentit dans l'air tout au long des mois d'été pendant les pow-wows organisés par les collectivités Mi’kmaq, permettant ainsi à leurs voisins de profiter de leur musique, de leurs chants et de leurs danses. On y sert souvent un repas traditionnel de viande d'orignal ou d'autre grand gibier, de poisson, de bleuets et de lu’sknikn, sorte de pain fabriqué par les Mi'kmaq.

Les cérémonies de purification nettoient les cœurs et les pensées et ouvrent les esprits pour les aider à accepter et à respecter la diversité et le changement. Les sept prières sacrées accompagnent une cérémonie du foin d'odeur en reconnaissance pour le cadeau de la vie et de tout ce qu'elle offre. Ces cérémonies ont souvent lieu à l'ouverture de rencontres et de célébrations tenus un peu partout dans la province tant dans des lieux autochtones qu'ailleurs.

Le 1er octobre de chaque année, les Mi’kmaq de tous les coins de la Nouvelle-Écosse se joignent au gouvernement provincial pour marquer le Jour anniversaire du traité – fête commémorant la signature du Traité de 1752 et comportant de nombreux événements publics.

Au cours des deux dernières décennies, les Mi'kmaq sont revenus à l'orthographe traditionnelle du nom « Micmac », qui s'écrit aujourd'hui Mi’kmaq. En anglais, le singulier est Mi’kmaw; par conséquent, le mot Mi’kmaq étant pluriel, il désigne toujours plus d'un Mi’kmaw ou la Nation entière.

Les Mi’kmaq sont fiers de leur place dans l'histoire en tant que premiers habitants de la Nouvelle-Écosse, et ils s'efforcent aujourd'hui de favoriser et d'accroître la connaissance et la compréhension interculturelles chez tous les Néo-Écossais.